" De mal en pis le bonhomme survit
d'assiettes fêlées souvent vides
en verres vinassés remplis à l'envie.
La couverture crasseuse au fumet suret
à même le sol en chiffon jetée ,
lui sert de couche et d'espace privé.
Un chien sale collé à ses basques
gronde à l'approche d'intrus trop curieux
qui passent leur chemin en maugréant.
Il tend une main crasseuse et tremblante
pour quémander une piéce salvatrice
que beaucoup lui refusent regards fuyants.
Dans son alcoolisme ambiant il se souvient
de sa situation antérieure désormais perdue
dans une lente et inéluctable descente au néant.
Cette femme et ses enfants qui étaient son sang ,
ces sacrifices pour leur donner ce confort formaté
qui conduit aux errances financières fatales.
Toutes les portes qui se ferment devant vous ,
les amis amnésiques qui vous sanctionnent ,
les pont coupés source de détresse et d'isolement.
Un divorce à tort prononcé , des enfants en garde interdite ,
un emploi perdu , des dettes amoncelées , la banque fantôme
débouchent sur cette vie de SDF tant redoutée et irréversible.
Son univers se résume à son chien et à sa bouteille "oubli"
il n'attend rien , il ne veut rien , il ne sait plus rien.
Il vit , respire , pleure , crie ... mais pourtant il est déjà mort. "
Jean BOSIO 06/2012